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Patous en montagne : comment cohabiter avec les chiens de troupeau à Terre Forte

  • Photo du rédacteur: Dynamic Trail
    Dynamic Trail
  • 6 août
  • 3 min de lecture

« File au troupeau ! » : c'est la formule à connaître si l'un des patous de Terre Forte se met à aboyer sur vous, bien décidé à ne pas vous laisser passer.

Quelques membres du Dynamic'Trail sont allés à la rencontre de Manon, la bergère qui occupe la zone de mai à août.


Des tensions bien réelles


Durant l'été, les témoignages se multiplient parmi les membres du club et les trailers sur Strava : chemins rebroussés, et parfois pire, morsures de chiens en montagne. Ces expériences traumatisantes suscitent colère et incompréhension, au point que certains chiens de travail ont déjà été agressés en retour.





« J'ai déjà retrouvé mes chiens la truffe en sang ! » confie Manon, avec amertume.


De leur côté, les coureurs qui sont passés sans encombre rappellent que le terrain est communal : les chiens ne devraient pas obstruer le passage et devraient rester sous enclos. Une question revient souvent : « Et si des personnes passent avec des enfants ? Les chiens seront-ils aussi agressifs ? »


Le point de vue de la bergère


Désarmée face à ces incidents, Manon explique que ses chiens de garde sont sa seule protection contre le loup, qui lui prend régulièrement des bêtes, ne laissant que les carcasses. Des animaux qui représentent à la fois des mois d'élevage et une source de revenus pour elle et sa famille. Elle subit des attaques de loups au quotidien, ce qui maintient ses chiens sous tension. À cela s'ajoutent parfois des gestes hostiles de la part de promeneurs mécontents de leur présence.


Manon précise que ses patous reçoivent un suivi complet : comportementaliste, dresseur, vétérinaire, vaccins. Ce sont des chiens formés et encadrés pour leur mission de protection du troupeau.



Ce que dit la loi


Contrairement à une idée reçue, un patou en liberté près de son troupeau n'est pas en infraction. Depuis la loi n° 2005-157 du 23 février 2005, qui a modifié l'article L. 211-23 du code rural, l'éleveur ou le propriétaire d'un chien affecté à la protection du troupeau ou à la garde de celui-ci est libéré de toute poursuite pénale pour divagation lorsque l'animal agit dans le cadre de sa mission, même sans laisse et à distance de son maître. Autrement dit : le chien est chez lui, c'est le promeneur qui entre sur son terrain de travail.


Cela ne veut pas dire que tout est permis pour autant. En cas de morsure, la responsabilité civile de l'éleveur peut être engagée : la jurisprudence a par exemple condamné un propriétaire de patou à indemniser un randonneur mordu, tout en le relaxant pénalement dès lors qu'aucune faute caractérisée n'était établie. La règle non écrite qui en découle est claire des deux côtés : à l'éleveur d'encadrer et de sociabiliser ses chiens ; au randonneur ou au trailer de respecter les consignes de prudence en traversant une zone de pâturage.


Sur le terrain, l'État encourage justement cette prévention en amont : l'installation de panneaux d'information dès l'entrée dans une zone où des patous sont présents est identifiée comme un outil clé pour limiter les incidents (exactement le type de dispositif que l'on retrouve à Terre Forte (voir plus bas)).



Quitter la zone n'est pas non plus une option : Manon loue ces terrains pour que ses bêtes y pâturent. Le pâturage présente d'ailleurs un bénéfice collectif : il entretient ces espaces et limite les risques d'incendie qui menacent le territoire cet été. Quant à s'éloigner pour fuir le loup, c'est illusoire : il est présent partout sur le secteur.


Quelle solution pour les trailers ?


Faut-il pour autant renoncer à courir sur ce sentier ? Ce n'est pas ce que préconise la bergère. D'ailleurs, de nombreux randonneurs adoptant les bons réflexes passent sans problème : « Tous les dimanches, j'ai un randonneur qui pique-nique près des patous » s'amuse Manon.


Pour les trailers, Manon s'engage à parquer les bêtes entre 9h00 et 20h00. Le soir, elle est en revanche obligée de libérer les chiens pour permettre une protection efficace du troupeau contre les attaques nocturnes. Un point important à garder en tête pour les sorties en fin de journée ou nocturnes.


Le secteur concerné est signalé sur place par des pancartes, qui permettent de repérer les zones de pâturage et d'adapter son comportement en amont.



Les bons réflexes à adopter


•⁠ ⁠Le patou ne voit pas bien au-delà de 5 mètres : signalez votre présence à l'avance.

•⁠ ⁠Approchez calmement, en marchant, sans geste brusque.

•⁠ ⁠Ne montrez pas de signe de peur.

•⁠ ⁠S'il montre les dents (très dissuasif, mais rarement suivi d'une attaque), dites d'un ton ferme et grave : « File au troupeau ! »


Nos trailers ont testé la formule : à la surprise générale, elle fonctionne comme par magie. Le chien se détourne alors vers son véritable objet d'attention, le troupeau.


Enfin, Manon rassure : cette situation est temporaire. L'élevage quittera les terres de Châteauneuf dès le 15 août.



 
 
 

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